Metavers facebook, de quoi parle t-on ?

Le changement de nom de Facebook en Meta n'avait pas surpris les observateurs. Le rêve de Mark Zuckerberg et de ses proches collaborateurs de transformer ce réseau social en un univers virtuel n'est pas nouveau et il est connu de tous. En quoi consiste ce métavers (ou « metaverse » en anglais) qui fait tant courir Zuckerberg ainsi que tous les dirigeants des grandes entreprises opérant dans les hautes technologies  ? S'agit-il d'un projet viable ou, comme le disent certains critiques, d'une annonce spectaculaire destinée à faire oublier les reproches dont Facebook fait de plus en plus l'objet ces derniers temps  ?

Le métavers de Facebook : de quoi s'agit-il  ?

Pour Meta, le projet de métavers n'est que le résultat d'une évolution naturelle et inévitable d'Internet et des réseaux sociaux tels que nous les connaissons.

Les métavers : une révolution  ?

Néanmoins, il s'agit d'une évolution qui va bien au-delà de ce que nous pouvons imaginer, affirme Mark Zuckerberg. Dans une vidéo, ce dernier parle en effet d'un monde de communautés virtuelles infinies où les utilisateurs pourraient se rencontrer, travailler, jouer et même faire des achats. Il s'agit d'une expérience donnant accès à un espace virtuel en trois dimensions, à la fois immersif, partagé et persistant. Elle est possible grâce au progrès d'Internet ainsi qu'à des technologies de simulations digitales (ordinateurs, casques, tenues haptiques, etc.) de plus en plus évoluées.

Metavers facebook

Un concept encore vague

Cela dit, le terme « métavers » demeure vague et sa signification dépend de la personne ou de l’organisation qui l’utilise ou le définit. Ainsi, les concepteurs de jeux vidéo, comme Fortnite, accessibles au moyen d’ordinateurs, de consoles de jeux ou même de téléphones portables, définissent leurs produits comme étant des « métavers » à part entière.

Le métavers : une idée ancienne

Le mot anglais « metaverse » est attribué à Neal Stephenson, l’auteur du classique de science-fiction Le Samouraï virtuel (Snow Crash en anglais). Mais Stephenson s’est lui-même largement inspiré des livres de William Gibson et de Vernor Vinge qui, dans les années 80, imaginèrent des univers alternatifs virtuels.

Premiers outils de réalité virtuelle

Par ailleurs, le premier simulateur 3D a vu le jour en 1962  ! Six années plus tard, des ingénieurs du MIT mirent au point le premier casque de réalité virtuelle. Vers le début des années 2010, la démocratisation d’Internet aidant, la société Oculus, devenue Meta Quest suite à son rachat par Meta, met au point des casques de réalité virtuelle et de réalité augmentée autrement plus performants.

Les métavers : une industrie florissante

Depuis, le chiffre d’affaires de l’industrie du matériel et des logiciels RV et de RA a littéralement explosé. Il est estimé à 1 000 milliards de dollars. D’où l’intérêt que lui portent les acteurs majeurs de l’innovation technologique, avec, à leur tête, l’entreprise Meta.

Le métavers de Meta : vrai projet ou effet d’annonce  ?

Dans un premier temps, explique Mark Zuckerberg, Meta compte créer des espaces de bureaux virtuels où les personnes travaillant à domicile pourront se rencontrer et collaborer comme dans la vraie vie. Ensuite, la plateforme donnera à ses utilisateurs d’autres possibilités comme celle de se construire des maisons virtuelles, d’assister à des concerts, de visiter des pays lointains et, bien sûr, de faire des achats.

Le métavers de Facebook : de la poudre aux yeux  ?

De nombreuses voix se sont élevées pour dire que l’intérêt de Meta pour les métavers est de la poudre aux yeux. Il s’agit, selon eux, d’un moyen pour l’entreprise de faire oublier les nombreuses critiques dont elle fait l’objet dans le monde et, plus particulièrement, en Europe. Pour eux, cela explique pourquoi le recrutement de 10 000 ingénieurs, annoncé par Mark Zuckerberg, est réservé à l’Union européenne.

Le métavers de Meta : des raisons d’y croire

Pourtant, il y a lieu de croire que la transformation de Facebook en un univers virtuel n’est pas une simple manœuvre pour détourner l’attention, et ce pour au moins deux raisons. La première n’est autre que le rachat, pour 2 milliards de dollars, du fabricant d’équipements de réalité virtuelle Oculus en mars 2014. L’autre raison est que la même année, Zuckerberg avait indiqué que son entreprise avait pour ambition de se transformer progressivement en un métavers. Quelles que soient les véritables motivations des patrons de Méta, il est indéniable que, dans un avenir proche, les métavers feront bel et bien partie de notre quotidien. Nul ne sait encore quelle forme ils prendront, mais il est certain que l’Internet tel que nous le connaissons aujourd’hui commence déjà à faire partie du passé.

PagesT